Montagne de Corton, montagne mythique (Côte de Beaune) Bourgogne

De la Montagne de Corton, le village de Pernand-Vergelesse

De la Montagne de Corton, le village de Pernand-Vergelesse (Photo FC)

Sur les pans de la montagne de Corton faisant la charnière entre la Côte de Nuits et la Côte de Beaune, le village d’Aloxe-Corton, à 5 km au nord de Beaune, ne compte que 200 habitants. Mais il est l’une des plus prestigieuses appellations communales de Bourgogne avec ses 14 Premiers Crus. Cette incroyable Montagne, sorte de mamelon couronné d’une forêt (comparée à un béret) constitue la plus vaste zone de Grands Crus débordant largement sur les communes de Pernand-Vergelesses et Ladoix-Serrigny. Les vignes qui s’étagent entre 200 et 300 m sont exposées du levant au couchant. Le bas du versant, en pente modérée, repose sur des calcaires durs du Jurassique moyen. Les sols sont peu profonds, drainants et riches en argile, parfois très caillouteux. La partie supérieure du coteau est marquée par une pente souvent forte avec un substrat essentiellement marneux ; des marnes qui ont la particularité d’être riches en silice.

Montagne de Corton, la carte

Carte de la Montagne de Corton

L’empire des trois Corton

Faut-il rappeler, rouge pour Corton, blanc pour Corton ­Charlemagne ! Tous les deux se partagent avec bonheur le coteau des Grands Crus de la mythique montagne de Corton. À l’est donc, les plus grands climats de Corton et à l’ouest, entre Aloxe-Corton et Pernand-Vergelesses, le Corton-Charlemagne et le Charlemagne (appellation rarement utilisée), deux vins blancs d’une puissance exceptionnelle qui occupent le haut de la Montagne !  Ils sont tout simplement considérés comme les plus grands vins blancs secs au monde (avec les Montrachet). Quelque peu imbriquées les unes dans les autres, certaines parcelles, selon qu’elles soient plantées en pinot noir ou en chardonnay, bénéficient, au choix du producteur, soit de l’appellation Corton (pinot noir) ou bien soit de l’appellation Corton-Charlemagne (chardonnay).

Charlemagne

L’empereur Charlemagne (742-814) y possédait des vignes

Deux empereurs marquèrent cet illustre terroir. D’abord, Othon qui lui donna son nom (Curtis Othonis) et Charlemagne qui y possédait des vignes léguées aux religieux de Saint-Andoche à Saulieu. Selon la légende, à la fin de sa vie, le vieil empereur atteint de tremblote et incapable de tenir un verre sans le renverser sur sa barbe fleurie, se décida à planter des cépages blancs pour ne plus se tacher. Le vignoble restera d’ailleurs la propriété de la collégiale jusqu’à la Révolution française.

Corton, seul Grand Cru rouge de la Côte de Beaune

Voici le seul Grand Cru rouge de la Côte de Beaune même s’il existe un Corton blanc issu du chardonnay* pouvant se rapprocher du Corton-Charlemagne. Les vignes sont implantées à une altitude comprise entre 215 et 370 m et orientée sud-est/sud-ouest, ce qui est inhabituel pour la Côte de Beaune avec d’importants affleurements marneux en milieu de pente. Dans la partie basse du coteau, le sol peu pentu est rougeâtre et caillouteux, brun calcaire, riche en marnes à forte teneur en potasse. C’est le royaume du pinot noir. Ici toutes les nuances sont possibles selon la composition et l’épaisseur des sols, entre le haut et le bas de l’appellation, entre le Corton, à 370 m situé juste sous le bois qui coiffe la Montagne et Les Maréchaudes, 130 m plus bas. À tout seigneur tout honneur: « Le Clos-du-Roi » est sans doute le meilleur emplacement de toute l’appellation, parfaitement exposé plein est. Il est considéré comme « le plus Corton des Cortons ». Après la mort de Charles le Téméraire, la parcelle passa dans le domaine royal et devint « Clos du Roi ». Il fait aujourd’hui partie du domaine Louis Latour, le plus grand propriétaire de Corton avec 17 ha.

*L’appellation Corton Grand Cru couvre 95 ha dont 4 ha en chardonnay offrant un Corton blanc très rare.

Montagne de Corton partie ouest

A l’ouest de la Montagne de Corton, le royaume du Corton-Charlemagne blanc. A gauche, caché par le pan de la Montagne, le village de Pernand-Vergelesses.

(Le Corton) : Je le bois en cachette

Corton-Charlemagne

Corton-Charlemagne de la maison Bouchard Père et Fils

Très tanniques, très dense et même fermés dans leur jeunesse, les Cortons restent sur des notes de fruits épicés, cassis et kirch, puis révèlent avec l’âge une extraordinaire puissance aromatique, arômes de sous-bois, de truffe, de venaison et de cuir et un potentiel de garde étonnant. En 1759, Voltaire écrivait à Antoine Le Bault, conseiller au Parlement et bâtisseur du château de Corton : plus je vieillis, Monsieur, et plus je sens le prix de vos bontés. Votre bon vin me devient nécessaire. Je donne d’assez bon beaujolais à mes convives de Genève, mais je bois en cachette votre vin de Corton.

Corton-Charlemagne et Charlemagne blancs

Ils occupent les versants sud, sud-est et sud-ouest de la Montagne sur 60 ha, dans sa partie la plus élevée, là où l’exposition assure le meilleur ensoleillement. Les vignes, entre 280 et 330 m d’altitude, sont implantées sur des pentes raides dont les sols clairs, caillouteux et filtrants sur bancs calcaires alternent avec les marnes sous une mince couche de rendzines. C’est un vin marqué d’un exceptionnel équilibre où se mêlent finesse et ampleur. Jeune, le Corton-Charlemagne est un vin à reflets d’or, ample, avec d’exquises notes minérales. Cinq à quinze ans lui sont nécessaires pour révéler sa richesse aromatique de miel, d’amande grillée, de noix fraîche et de frangipane et dont le côté mœlleux est rehaussé d’une pointe d’acidité. « Vin blanc de grande allure, riche en alcool, virulent, doré, plein de sève, au parfum de cannelle, au goût de pierre à fusil », devait dire de lui un grand chancelier de la confrérie des Chevaliers du Tastevin.

Corton Clos du Roi

Le Clos-du-Roi, sur 10,72 ha est sans doute le meilleur emplacement de toute la Montagne, parfaitement exposé plein est. Il est considéré comme « le plus Corton des Cortons ».

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