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Pineau de la Loire (cépage blanc) : cépage extraordinaire ! Il est évidemment plus connu sous le nom de chenin blanc. Il  se rencontre principalement en France dans la vallée de la Loire, quoique… ! Le sud-ouest et le Languedoc avec le Limoux ont appris à le maîtriser (voir plus bas).  Tout semble indiquer qu’il est également originaire des bords de ce fleuve puisque cultivé dès le XIe siècle en Anjou, à l’abbaye bénédictine de Saint-Maur de Glanfeuil, au Thoureil. Il va ensuite au XVe siècle remonter le fleuve vers la Touraine voisine, jusqu’au château de Chenonceaux où il est confié par le seigneur du lieu à son beau-frère alors abbé de Cormery à Mont-Chenin, près de Tours. C’est de là qu’il puise son nouveau nom.

A la conquête du monde

De sa terre ligérienne, le pineau de la Loire (ou gros pineau ou chenin) a depuis conquis le monde. On l’appelle steen en Afrique du Sud. Il fut transporté par le huguenots au XVIIe siècle, fuyant la révocation de l’Edit de Nantes. Il est aujourd’hui le cépage blanc le plus important du pays (18 000 ha). Il est aussi présent en Argentine, au Chili, en Californie (dans la Central valley), en Australie, en Nouvelle-Zélande jusqu’au Canada (Colombie britannique et Ontario).

Cépage polyvalent

Avec le chenin robuste et au débourrement précoce, on a affaire à l’un des cépages les plus polyvalents qui existent. Première qualité, il ne nécessite pas d’assemblage et se déploie souvent avec magnificence sur tous les registres des vins blancs, de l’effervescent au vin sec, en passant par le liquoreux (la finesse de sa pellicule le rend sensible au botrytis, atout pour la production de la pourriture noble). Sa force est due à son acidité structurante. Cette acidité peut devenir agressive sous des latitudes plus tempérées comme celle de la Loire et notamment dans les années difficiles, mais elle donne aussi structure et longévité aux vins secs et liquoreux. Au nez, c’est souvent un régal :  fleurs blanches (acacia, chèvrefeuille), foin coupé, pomme verte, poire, abricot, noix, amande, iode, térébenthine, fruits secs. Pour les liquoreux, c’est le coing, la cannelle, le miel, les fruits confits… Avec l’âge, il présente des notes de pain d’épice, de noisette, de cumin ou de guimauve fraîche.

Où le trouve-t-on ?

Sa superficie cultivée est en France, de l’ordre de 9 300 ha (toutes appellations confondues). Son royaume s’étend aujourd’hui sur 37 appellations.

En mono-cépage

  • Anjou : Anjou-Coteaux de la Loire, Bonnezeaux, Coteaux de l’Aubance, Coteaux du Layon, Quarts de Chaume, Savennières
  • Saumur : Coteaux de Saumur, Saumur
  • Touraine : Chinon (très rare), Coteaux du Loir, Jasnières, Montlouis sur Loire, Touraine Amboise, Touraine Azay le Rideau, Vouvray

En assemblage

  • Languedoc : Crémant de Limoux, Limoux, Côtes de Millau
  • Anjou : Anjou
  • Loire : Crémant de Loire
  • Pays Nantais : Coteaux d’Ancenis,  Fiefs vendéens
  • Poitou : Haut Poitou, Vins du Thouarsais
  • Touraine : Coteaux du Vendômois, Touraine, Touraine Mesland
  • Pyrénées : Tursan
  • Vallée de la Garonne ou du Tarn : Côtes de Duras
  • Vallée du Lot : Vins d’Entraygues et du Fel, Vins d’Estaing

En cépage accessoire

  • Languedoc : Blanquette de Limoux
  • Touraine : Cheverny
  • Bergeracois : Bergerac, Côtes de Bergerac, Monbazillac, Saussignac.