Château Quinault l’Enclos, Saint-Emilion Grand Cru classé (2012) Bordeaux, vin rouge : qui se rappelle encore de cette appellation Sables-Saint-Emilion qui s’étendait à l’est de Libourne, disparue il y a une quarantaine d’année ? Quinault l’Enclos, vaste domaine de 18 ha aux portes de Libourne (en zone urbaine) et dont 12 ha sont clos de murs  était  (à quelques rangées de vignes de Saint-Emilion), la plus belle représentation.

Un sol chaud

Ici, le terroir proche de la Dordogne est constitué essentiellement de sables et de galets avec peu d’argiles ; un sol qui privilégie le merlot à 83 % appuyé par 12 % de cabernet franc et 5 % de cabernet sauvignon et dont les vignes ont une moyenne d’âge de 50 ans. Sur ce terroir précoce de graves jouissant d’un microclimat, ne parle-t-on pas ici d’un sol « chaud » qui fait gagner à ce crus quelques degrés supplémentaires.

Retour à l’authenticité

Depuis le rachat en 2008 du château par Albert Frère et LVMH (Bernard Arnault), l’équipe du Château Cheval Blanc sous la direction de Pierre Lurton  a entrepris une conversion biologique englobant l’ensemble du domaine. Une première priorité s’est portée sur la vigne avec la remise en culture des terres et l’augmentation de la surface foliaire. L’élevage du vin est réalisé en barriques neuves avec un renouvellement à hauteur de 50% chaque année. Ainsi, avec le millésime 2010, château Quinault l’Enclos affiche une nouvelle étiquette et offre un vin qu’on qualifierait de plus traditionnel, à la recherche d’une certaine épure et d’une plus grande authenticité de terroir.

  • La production annuelle est de 48 000 bouteilles par an.
  • La propriété produisait un second vin : La fleur de Quinault, ainsi qu’une cuvée spéciale, L’Absolu de Quinault.

Du  librettiste de Lully à Alain Raynaud

La création du domaine actuel remonterait au XVIIe siècle. Est-ce un certain Philippe Quinault (1635/1688), poète lyrique et dramatique, le librettiste des opéras de Lully bien oublié aujourd’hui qui aurait donné son nom à la propriété ? On sait par contre avec certitude qu’en 1930, le domaine se vit amputer de 8 ha pour laisser place à un cimetière. En 1997, Quinault le Clos est acquis par le docteur Alain Raynault*, président de l’Union de Grands Crus de 1994 à 2000 et œnologue réputé. C’est un ami très proche de Robert Parker, le critique américain (la fille d’Alain Raynaud est d’ailleurs la filleule de Parker). Avec les conseils de Michel Rolland et de Denis Dubourdieu, le docteur entreprit de très important travaux de rénovation.

*A noter que le docteur Alain Raynaud est propriétaire avec sa sœur Chantal Lebreton depuis la succession de leur père en 1998, du château La Croix de Gay, un vignoble de 10 ha situé au hameau du Pignon à Pomerol. Il a également acheté en 2011, avec sa femme Françoise Raynaud un grand Cru de Saint-Emilion, le domaine viticole du Château du Parc, situé à Saint-Sulpice de Faleyrens.

Cheval Blanc à la manoeuvre

En quelques années, le docteur va entièrement réhabilité le domaine d’où sortiront, tout au moins en ce qui concerne les premiers millésimes, des vins très concentrés dans le style des vins de garage alors en vogue à cette époque. Mais le château sera finalement cédé en 2008 à Bernard Arnault (LVMH) et Albert Frère, co-propriétaires à Saint-Emilion de Cheval Blanc et de La Tour du Pin et du château d’Yquem en appellation Sauternes (les deux hommes d’affaires ont acquis le domaine via leur holding commun Raspail Investissement). Pierre-Olivier Clouet directeur technique de Cheval Blanc est devenu le nouvel homme fort de Quinault l’Enclos avec pour tâche de poursuivre le travail engagé par le docteur Alain Raynaud et hisser ce cru au rang des plus grands, ce qui sera confirmé par le classement des Saint-Emilion rendu public en septembre 2012.