Rhône (la syrah) : les vignerons partagent ici leur indéfectible fidélité à la syrah appelée ici serine, unique cépage à l’origine de tous les vins rouges de la partie septentrionale de la vallée du Rhône (Côtes du Rhône). En France, on le rencontre également dans le Vaucluse, en Provence, et de plus en plus dans le Languedoc et le Roussillon. Une légende le veut originaire du Moyen-Orient. Il viendrait de Chiraz, en Perse, ou en Syrie, comme le nom le laisserait supposer. Une autre, qu’il serait le diminutif de Syracuse. Il aurait été alors importé par les grecs depuis la Sicile.

Pas de doute, il est d’origine autochtone !

Aujourd’hui, plus de doute, son origine est bien autochtone*. La syrah serait née au sud de Vienne. Pour preuve, Pline le naturaliste rapporte qu’ici les Allobroges faisaient de la réputation de leur vin une affaire d’honneur national. Quelle que soit son origine exacte, il a trouvé sur les rives escarpées du Rhône sa terre d’élection. Ses qualités sont exceptionnelles : il a un bon rendement, quoique sensible à la coulure ; il est peu vulnérable aux maladies et se cultive bien.

Autre sujet de satisfaction, il cultive étrangement sa ressemblance avec le cabernet sauvignon. Comme lui, il donne des vins secs, très concentrés, tanniques. Il demande aussi beaucoup de temps pour s’épanouir, au point que les très grands syrahs peuvent se confondre avec les grands bordeaux. N’est-pas le plus beau compliment ?

*Toutes ces belles hypothèses furent battues en brèche par la science, en l’occurrence par des tests d’ADN. Il furent sans appel.  Ainsi,  en 1998, le test de paternité a permis  une surprenante découverte.  La syrah est le fruit d’un croisement naturel entre la mondeuse blanche (la mère) et la dureza (le père).  Le mariage fut sans doute consommé dans un vignoble où les deux parents étaient cultivés, très vraisemblablement en Isère.

Voir : syrah (cépage noir).