Valençay (AOC Valençay) Berry (Loire)

Valençay, une double AOC, fait unique dans le paysage agricole français ! Valençay dont l’homologation en AOC date de 2004 pour ses vins rouge, rosé et blanc, était déjà réputé pour une autre AOC, son fromage de chèvre au lait cru reconnaissable à sa forme de pyramide tronquée.

Un vignoble associé au Val de Loire

Valençay offre un vignoble encore bien trop discret de 150 ha en exploitation mais appelé à se développer sur un potentiel de 2400 ha. Il est situé dans le nord de l’Indre et le sud du Loir-et-Cher, aux confins du Berry, de la Sologne et de la Touraine et dont le vignoble tout naturellement se trouve associé au Val de Loire. D’ailleurs il s’y produit avec autant de bonheur des vins en appellation Touraine qu’en AOC Valençay. Les vignes sont plantées sur des coteaux à pente moyenne, dominant le Cher sur sa rive gauche et ses affluents. Le vignoble est ici protégé des perturbations  par les forêts de Brouard et de Gâtines. Le cumul de pluviométrie est ainsi réduit, limitant les excès d’eau, gage d’une bonne concentration des baies en sucre et autres composés aromatiques. Le vignoble s’étend sur douze communes de l’Indre (et une en Loir-et-Cher) dont la plus importante partie se retrouve autour de la commune de Lye. La vigne profite de sols à perruches (argiles à silex), d’argiles à cosses du Sénonien et du Turonien à forte charge caillouteuse et de terres sablo-graveleuses. Ces sols permettent un captage de la chaleur le jour pour la restituer la nuit ce qui favorise croissance et maturité des raisins.

Une bonne moitié des producteurs pratique la lutte intégrée avec également l’enherbement des vignes, l’ébourgeonnage, l’effeuillage, les vendanges vertes et des rendements maîtrisés.

Vignoble de Valençay

Vignoble de Valençay, 150 ha en exploitation sur un potentiel de 2400 ha.

Les communes de l’appellation

  • Chabris,
  • Faverolles,
  • Fontguenand,
  • Luçay-le-Mâle,
  • Lye,
  • Menetou-sur-Nahon,
  • Parpeçay,
  • Poulaines,
  • Valençay,
  • Varennes-sur-Fouzon,
  • Vernelle,
  • Veuil,
  • Villentrois,
  • Selles-sur-Cher (Loir-et-Cher).

Le prince de Talleyrand-Périgord

Charles Maurice de Talleyrand-Périgord

Charles Maurice de Talleyrand-Périgord avant d’acquérir Valençay financé par Napoléon, avait acheté le château Haut-Brion dans le Bordelais. Il fut maire de Valençay entre 1826 et 1831 puis conseiller général de l’Indre. Valençay restera dans la famille de Talleyrand jusqu’en 1979.

Ce vin qui à l’origine était un simple vin de bergers puis un vin de moines, devint un vin de prince. Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord, prince de Bénévent, le « diable boiteux » possédait à Valençay un somptueux château, lieu d’exil des princes d’Espagne. Il l’avait acquis en 1803 sur l’insistance et surtout avec le soutien financier de Napoléon. Cet ancien prince déchu de l’église (il fut évêque d’Autun) grand amateur de Champagne (un vin civilisateur disait-il !) avait une passion pour le Bordeaux et pour le vin de Xéres (sur ses vieux jours). Il acquit en 1803 château Haut-Brion qu’il se vit contraint de vendre pour plaire à Napoléon qui lui, préférait le Bourgogne et plus particulièrement le Chambertin. Pourtant Talleyrand contribua grandement à la renommée du Valençay. Il le faisait servir comme vin d’ordinaire lors de dîners aux grands dignitaires de l’Empire ; des vins qui étaient conservés, partie au château, partie à La buvette réservée aux exilés espagnols et qu’on appelait d’ailleurs la Taverne des espagnols, une cave ouverte dans les grottes du parc du château.

Clos du château de Valençay

Clos du château de Valençay, ancienne vigne de Talleyrand. Ce qui fut le potager a été replanté en 1992 en un vignoble de 3 ha

Le Clos du château

Talleyrand sera maire de Valençay entre 1826 et 1831, puis conseiller général de l’Indre jusqu’en 1836. Il avait fait planter quelques hectares de vignes autour du château pour sa consommation personnelle et ses invités. Le Clos du château, domaine emblématique de l’appellation, aujourd’hui aux bons soins d’Hubert Sinson, a été replanté en 1990, en contrebas de la cour d’honneur et en plein cœur de la commune.

Des vins d’assemblage

Ces vins furent longtemps vendus sous le nom de leur cépage pour évoluer ensuite vers des vins d’assemblage ce qu’a statué le décret d’homologation de l’AOC.

  • Les Valençay rouges. Ils représentent plus de la moitié de la production avec un gamay dominant (entre 30 et 60 %), 10 % minimum de pinot noir (plutôt sur des sols chauds) et 10 % également de côt, accompagnés ou non de cabernet franc et de cabernet sauvignon (maximum 20 %). Le côt est un cépage historique implanté dans la région où le climat et le sol (il mûrit bien sur les argiles à silex) lui confère puissance et fruité. Le Valençay rouge est très proche de ceux du Val de Loire. Ce sont des vins caractérisés par leur couleur rubis très soutenue, avec des arômes de fruits noirs. Très coulants en bouche, ils se terminent par des notes épicées.
  • Les Valençay blancs (le tiers de la production) : le sauvignon seul, cultivé sur des terrains de pierre à Fusil, offre à ce vin un caractère minéral très caractéristique. En assemblages de sauvignon et de chardonnay (30 % maximum), c’est le plaisir d’y découvrir au nez des arômes de fruits exotiques associés à la note minérale de pierre à fusil, la signature de ce terroir. En bouche, c’est la chaleur, l’onctuosité (due au chardonnay) et l’équilibre. En cépage accessoire mais très peu utilisé, l’orbois (ou arbois blanc), présent également à Cheverny et à Vouvray serait d’après les analyses génétiques un descendant du gouais B, originaire de la Touraine ou du Loir-et-Cher. C’est un cépage fertile, peu sensible à la pourriture grise. Il permet d’élaborer des vins ordinaires.
  • Les Valençay rosés (12 % de la production) : on y retrouve les mêmes cépages que pour les vins rouges avec la possibilité d’ajouter du pineau d’Aunis (30 % maximum). A noter que ce dernier semble être ici un cépage en pleine renaissance avec un futur très prometteur.

Producteurs et production

La production annuelle se situe entre 7000 et 7500 hl soit l’équivalent de près d’1 millions de bouteilles avec 22 vignerons, une cave coopérative et 5 vignerons apporteurs.

Fromage et vin, les 2 AOC de Valençay

Fromage et vin, les 2 AOC de Valençay

Liste non exhaustive des producteurs

Dans l’Indre

  • GAEC de la Seillerie : Boissier Jean-Pierre La Seillerie (Faverolles-en- Berry)
  • Fouassier André Vaux (Lye)
  • Vaillant Michel La Motte (Lye)
  • Lacour Pascal Les Bernets (Veuil)
  • SCA La Cave de Valençay La Lie (Fontguenand)
  • EARL Jourdain Francis Jourdain Francis et Siadou Sophie Les Moreaux (Lye)
  • Vaillant Sébastien La Motte (Lye)
  • Bouquin Mickael La Peignière (Villentrois)
  • SCEA Leclair Marylène et Serge Le Bois Gaultier (Fontguenand)
  • EARL Mandard Régis Le Puits de Saray (Lye)
  • Vaillant Stéphane La Motte (Lye)
  • SCEV Valençay La Maison Neuve (Heugnes)
  • Roy Jean-François (Lye)
  • SCEV Les Vignes du Clos du Château Lafond Claude Le Bois Saint Denis (Reuilly)
  • Corbeau Philippe Les Huberts (Lye)
  • Vaillant Maurice La Motte (Lye)
  • Lacour Jackie Les Bernets (Veuil)

Dans le Loir-et-Cher

  • Domaine Augis Augis Philippe (Meusnes)
  • EARL Gibault (Meusnes)
  • EARL Olivier et Hubert Sinson (Meusnes)
  • Toyer Gérard (Selles-sur-Cher)
  • EARL Bardon Denis (Meusnes)
  • GAEC Domaine Jacky Preys (Meusnes)
  • EARL Jaclin Franck La Collinière (Selles-sur-Cher)
  • SCEA Garnier Frères Garnier Eric et Olivier (Meusnes)
  • GAEC Château de Quinçay Cadart Philippe et Frédéric Quinçay (Meusnes)
  • SCEA Domaine de Monplaisir Lefevre Chantal et Loste Alexandre La Greletière (Selles-sur-Cher)

Dans le Cher

  • EARL Le Clos Delorme Minchin Albane et Bertrand La Tour Saint Martin (Crosses)
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