Languedoc-Roussillon viticole

Le Languedoc-Roussillon avec 245 000 ha de vignes est tout simplement la plus vaste région vinicole du monde (et que dire du Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, nouvelle entité qui se constitue avec la quatrième région viticole française !). Le Languedoc-Roussillon (encore seul) produit  environ 14,4 millions d’hl de vin (en 2014) soit l’équivalent de près de 2 milliards de bouteilles. Aujourd’hui, une bouteille sur trois produites en France provient du Languedoc-Roussillon. A elle seule, cette immense région possède, en parallèle à son appellation régionale Languedoc*, 36 AOC (dont 29 en vins tranquilles, 4 en vins doux naturels et 3 en vins effervescents) et 22 IGP Sud de France, le tout étendu sur quatre départements : l’Hérault est le premier département viticole de la région (38 % des surfaces), suivi par l’Aude (28 %), le Gard (23 %) et les Pyrénées-Orientales (11 %).

*Ancienne appellation Coteaux du Languedoc.

Carte des appellations Languedoc-Roussillon
Carte des appellations Languedoc-Roussillon

Une extraordinaire mosaïque d’appellations

Sur la carte, le Languedoc-Roussillon montre une belle unité, avec une bande continue de vignes autour du golfe de Lion, des confins de la Camargue à la frontière espagnole. Mais, sur le terrain, il n’en va pas de même. Cette vaste région constitue une extraordinaire mosaïque d’appellations, de terroirs, de climats, de sols, de cépages et, bien sûr, de productions. C’est sans doute l’une des seules régions au monde qui présente une telle diversité géologique avec des sols pouvant être constitués de calcaires, de schistes, de granit, de basaltes sur lesquels s’expriment une multitude de cépages. Autre atout, le climat. Il est chaud, humide et venté* en bordure de mer, sec et sujet à des vents violents* sur les collines, ou bien de type montagnard lorsque le vignoble s’accroche sur le pan des montagnes (Montagne Noire, Pyrénées…) avec des hivers rigoureux mais courts.

* Souvent des vents marins (vent du sud chargé d’embruns salés) auxquels s’ajoutent la tramontane (vent du nord), le ponant (vent d’ouest aussi fort que le mistral)…

Une terre de toutes les promesses

Tous les types de vins sont représentés : rouges, blancs, pétillants, muscats et vins doux naturels. Longtemps voué aux vins de consommation courante, le Languedoc-Roussillon  mise maintenant sur une constellation d’appellations. Les deux dernières promues, l’AOC Les Terrasses-du-Larzac, 398 ha situés au nord-ouest de Montpellier, et La Clape (1000 ha entre Narbonne et la Méditerranée) l’ont été respectivement en 2014 et 2015 ; en attente, l’AOC Pic Saint Loup dont le dossier semble encore bloqué*. Pour l’amateur de vins de qualité abordable, le Languedoc-Roussillon est devenu une terre de toutes les promesses, un pays qui offre les mêmes potentialités que celles des pays dit du nouveau monde.

* Il serait bloqué sur la définition de la largeur de l’inter-rang (entre 2,50 m et 2,25 m ?).

Dans le Languedoc, vignoble en AOC La Clape du château L'Hospitalet près de Narbonne
Dans le Languedoc, vignoble en AOC La Clape du château L’Hospitalet près de Narbonne

La révolution est en marche

Le Languedoc-Roussillon, après des décennies de surproduction, de vins médiocres et moult révoltes de ses vignerons dues à la mévente, a accompli sa révolution : campagnes d’arrachage massive, diminution des rendements, cahier des charges strictes et amélioration constante de la qualité. Il fallut également s’atteler à un travail de hiérarchisation dans cette longue liste et souvent incompréhensible des appellations qui égrainaient la région. Elles sont maintenant segmentées en trois catégories :

  • une appellation régionale Languedoc (les ex Coteaux du Languedoc)
  • 5 Grands Vins du Languedoc,
  • 23 Crus du Languedoc. (Voir plus bas)

(Pour les appellations du Roussillon, voir plus bas)

La région a misé aussi sur d’autres concepts pour mieux répondre aux nouvelles attentes des consommateurs (français et étrangers) : la chasse aux degrés par exemple ou la filière bio aidée il est vrai par des conditions climatique et géologique idéales.

Le Languedoc-Roussillon,  le plus grand vignoble bio de France

Est-il utile de  rappeler le leadership du Languedoc-Roussillon dans la production et la commercialisation des vins bio ? Pour un vignoble de 245 000 ha, près de 10 % est passé en bio soit 21 000 ha (certifiés AB ou en conversion), tout simplement le tiers du vignoble bio Français, loin devant la Provence-Côte-d’Azur (15 000 ha) et le Bordelais (9700 ha). C’est ainsi qu’en 2014, 105 millions de bouteilles portaient le label bio en Languedoc-Roussillon contre 25 millions en 2010. D’ailleurs, n’est-ce pas à Montpellier que se tient chaque année en janvier Millésime Bio, mondial du vin biologique, première manifestation mondiale en la matière ? Ce salon fut créé en 1993 par des vignerons biologiques du Languedoc-Roussillon adhérents à l’association interprofessionnelle Sudvinbio. Pour rappel, la France avec 67 000 ha en bio (8,2 % des surfaces viticoles) est à la troisième place mondiale des vignobles bio, après l’Espagne (82 000 ha) et l’Italie (67 000 ha).

Millésime Bio, mondial du vin biologique 2015
Millésime Bio, mondial du vin biologique, salon qui se tenait à Montpellier tous les ans en janvier et qui migre à Marseille à partir de 2017

Une terre faite pour le bio 

Deux facteurs expliquent cette fulgurante progression du bio. D’abord le climat et la géologie. Ainsi le Languedoc-Roussillon avec son climat sec typiquement méditerranéen et  sa grande variété de sols bien drainés (terrasses de cailloux roulés, grès et marnes, calcaires et schistes, poudingues, sols sableux…) assurent une excellente protection contre les maladies de la vigne. Mais le facteur humain fut décisif dans une région où quantité longtemps prima sur qualité. Quoi de mieux que le bio pour se créer une autre image et se projeter dans l’avenir ! Cette révolution bio touche aujourd’hui environ 1200 producteurs dont les plus gros acteurs de la filière.

Le bio chez les plus gros, Cazes, Jeanjean, Paul Mas, Gérard Bertrand…

Jean-Claude Mas
Jean-Claude Mas, décrit comme l’un des pionniers du nouveau Languedoc. Bientôt 80 % de ses vignobles en bio.

Ainsi, pour le groupe Advini, premier éleveur négociant en vins du Languedoc, le bio est devenu une priorité. Advini est né en 2010 de la fusion entre Jeanjean (Languedoc) et Laroche (Chablis en Bourgogne) auquel s’est joint Ogier (Rhône), Gassier (Provence), Rigal (sud-ouest), Antoine Moueix (Bordeaux) et Cazes (Roussillon). Ce dernier, Cazes ne détient-il pas le plus grand vignoble de France converti en culture biologique et biodynamique. La Maison Cazes possède 220 ha dans les Pyrénées-Orientales entre la chaîne des Pyrénées et la mer Méditerranée, à Rivesaltes, au cœur du Roussillon. Jeanjean installé dans l’Hérault à Saint-Felix-de-Lodez qui possède 7 domaines en Languedoc, consacre 400 ha au bio. Son voisin, Paul Mas à Montagnac, énorme groupe dirigé par Jean-Claude Mas, décrit comme l’un des pionniers du nouveau Languedoc projette dans les 8 ans à venir de porter la portion du bio à 80 % de l’ensemble de ses vignobles. Ses domaines comptent plus de 478 ha de vignes en propriété, auxquelles s’ajoutent les 1312 ha de vignobles des vignerons partenaires. Sa dernière acquisition en 2014, le domaine Silène des Peyrals sur la commune de Saint-Pons-de-Mauchiens consacre déjà 24 ha sur 57 au bio. Dans l’Aude, Gérard Bertrand cet ancien rugbyman qui a fondé un véritable empire du vin s’est engagé dans une politique de développement durable volontariste. Il entend répondre à une attente grandissante des consommateurs. Ainsi, son domaine de Cigalus est cultivé en Biodynamie depuis 2002 et dans une logique d’adapter ces principes de viticulture à d’autres domaines, 8 d’entre eux  (sur 10) soit 350 ha sont aujourd’hui cultivés en biodynamie certifiée Demeter.

Revalorisation du foncier viticole

En 2015, le Languedoc-Roussillon a vu ses vins fortement progresser et notamment à l’exportation (+ 14 %), aussi bien pour les AOC que les IGP. Face à cette envolée des ventes et pour la première fois depuis longtemps, on va replanter 3000 ha de vignes. Preuve de ce dynamisme et du besoin de renouvellement, 60 % des vignes du Languedoc-Roussillon ont moins de vingt ans. Autre signe encourageant, l’Interprofession a relevé le volume des labellisations en AOC. De plus, le foncier viticole a bondi en 2014 de 29 % en valeur. A titre d’exemple, les vignes classées en IGP se négocient autour de 13 000 € l’hectare contre près de 14000 € pour une AOC générique (Corbières, Minervois…). Pour les Grands Vins du Languedoc (vins de terroir) comme La Clape, le montant peut atteindre 20 000 € l’ha. Conclusion, les terres viticoles deviennent plus rares pour des vignerons qui veulent s’agrandir ou pour de nouveaux acquéreurs qui voit là un bon investissement.

De nouvelles techniques

Les 245 000 ha du vignoble s’étirent des contreforts des Cévennes au pied des Pyrénées, avec, comme constante, la Méditerranée. En vingt ans, ce vignoble s’est métamorphosé. Le grenache, le mourvèdre et la syrah sont devenus les cépages vedettes. La question ici est récurrente : quel cépage sur quel terroir et pour quel type de vins ? Les premières expériences se sont faites avec le carignan  à Caunes-Minervois et surtout à la Livinière dans le Minervois. Partout il fallut associer les conditions naturelles du terroir et du climat à une maîtrise des rendements : 45 hl/ha pour les AOC rouges et à 60 hl/ha pour les blancs (un peu inférieurs aux normes nationales). La vinification séparée des cépages et l’art de leur assemblage, puis les modes d’élevage offrent aujourd’hui une palette de vins structurés et épanouis. Ainsi, à côté de la fermentation traditionnelle, on assiste de plus en plus à une vinification à grains entiers. Elle est originale à la région et appropriée notamment au carignan. Son but est d’extraire le maximum d’arômes et de tannins du fruit pour élaborer des vins de garde. Le Languedoc subit depuis toujours le handicap naturel des fortes températures au moment des vendanges. Mais, aujourd’hui, des méthodes de régulation (grâce à des groupes de froid) permettent d’agir sur la fermentation par refroidissement, permettant à la région d’offrir des rosés et des blancs d’une remarquable fraîcheur.

Le hit parade des cépages

D’abord une constatation, jamais la surface consacrée aux cépages rouges n’a été aussi réduite.  En dix ans, elle a baissée de 25 %, ne couvrant plus que 185 000 ha mais encore près de 75 % du vignoble.

Les cinq premiers cépages rouges languedociens :

  • La syrah (40 100 ha, soit 16 % du vignoble) est précoce et tend à trop mûrir. Elle se vinifie à basse température. Elle offre des vins fortement colorés avec beaucoup de parfum et une bonne structure.
  • Le grenache (38 400 ha) cépage vigoureux et résistant à la sécheresse, donne à ses vins en général riches et généreux, de l’arôme.
  • Le carignan (30 000 ha, moins 53 % en dix ans). Il se plaît dans les collines et sur les terrains schisteux. Il donne des vins tanniques, colorés dont l’astringence et le manque d’arôme peut se combattre par la macération carbonique.
  • Le merlot (28 200 ha)
  • Le cabernet-sauvignon (16 500 ha).

Ils sont suivis par :

  • Le cinsault offre des vins élégants, souples et légers. Il convient aux rosés.
  • Le mourvèdre est un cépage tardif. Il se cultive en général sur des terrains de galets. Il fait des vins à la couleur, à la structure et aux arômes étonnants.

(Autres cépages rouges : lladoner, tenet noir, picpoul noir)

La montée en puissance des blancs

Picpoul de Pinet
Nouvelle AOC Picpoul de Pinet (depuis 2014), s’étend autour du Bassin de Thau, au milieu du triangle Agde-Pézenas-Sète. C’est la plus grande région de vin blanc du Languedoc (1400 ha) Photo CIVL

Les cépages blancs occupent aujourd’hui 54 000 ha soit une progression de 13 % sur 10 ans. Aux 5 cépages rouges qui tiennent le haut du palmarès, la 6e place revient au chardonnay qui couvre 14 400 ha. Dans le cadre de la restructuration du vignoble, les cépages blancs sont ceux qui ont été le plus plantés (54 % des surfaces) avec en tête,  le sauvignon (2130 ha, 15 % des plantations aidées par l’Europe), suivi du chardonnay (1834 ha, 12 %. En tout, 69 variétés différentes ont été implantées (dont certaines sur des toutes petites surfaces) contribuant ainsi la diversité de l’encépagement du vignoble languedocien.

  • Le grenache blanc dont le manque d’acidité est contrecarré par son gras et sa longueur.
  • La marsanne est un cépage qui donne beaucoup d’arômes, de corps et de puissance mais son manque d’acidité est un inconvénient notoire.
  • La roussanne souvent associée à la marsanne est un cépage très complexe, apte au vieillissement.
  • Le rolle (ou vermentino ou malvoisie) apporte beaucoup de gras et une grande richesse aromatique (fleurs et fruits blancs)
  • Le picpoul est un cépage très vif, très nerveux, très sec avec des arômes citronnés.
  • La clairette l’un des plus anciens cépages du Languedoc est connu pour son manque d’acidité. Il produit des vins plutôt alcooliques avec des arômes miellés. Il est sensible à l’oxydation.

(Autres cépages blancs : maccabeo, tenet blanc, muscat, viognier, chardonnay, bouboulenc).

Les vins et leurs cépages

I/Les VDN (Vins Doux Naturels)

C’est une spécialité du Languedoc-Roussillon. Leur invention qui date du XIIIe siècle est le fait d’un médecin de Montpellier. Les VDN se plaisent sur le pourtour méditerranéen au climat sec et au sol aride. On les trouve dans l’Hérault : les muscats de Rivesaltes, Frontignan, Mireval et Saint-Jean-de-Minervois et dans les Pyrénées-Orientales : Maury, Banyuls, Rivesaltes… A la base de ces VDN, grenache, muscat et malvoisie pour les blancs ; maccabéo pour les rouges.

II/Les vins effervescents

D’abord un point d’histoire, c’est Limoux dans l’Aude dans l’abbaye de Saint-Hilaire qui est à l’origine en 1531 des premiers vins pétillants, bien avant le Champagne. 3 appellations illustrent cette spécialité : Blanquette de Limoux, Blanquette de Limoux méthode ancestrale et Crémant de Limoux à base du mauzac. 10 % de chenin et de chardonnay sont autorisés.

III/Les vins rosés

Le rosé associé au soleil et aux vacances est en constante progression dans le Languedoc-Roussillon au point de s’accaparer 10 % de la production française ; ces vins, à la palette de rosés toute en nuances (du rose pâle au rose saumon, teintes framboise, grenadine…) sont le fruit d’une longue démarche vers la qualité : sélection de cépages dédiés au vin rosé, de nouveaux équipements (pressoir pneumatique, régulation des températures), de nouvelles techniques (vinifications réalisées en absence d’oxygène) etc. Ces investissements ont payé au point de produire des rosés remarquables. Ils sont le fruit d’une sélection de 3 cépages : cinsault, grenache et syrah (pour les AOC) complétée par le merlot et le cabernet sauvignon pour la production des IGP.

IV/Les vins blancs

Ils représentent 13 % de la production régionale. Le plus emblématique des vins blancs est sans doute le Picpoul de Pinet (1400 ha, AOC depuis 2013) remarquable par sa fraîcheur et ses arômes fruités. Il est produit dans l’Hérault, autour de l’étang de Thau à partir du picpoul, seul cépage autorisé. Les vins blancs de mieux en mieux vinifiés font l’unanimité pour leurs qualités (des notes rondes et fruitées, des saveurs de fruits secs comme la noisette ou la noix ou encore des parfums de garrigue et de genêt). Ils sont souvent associés au bourboulenc, au  chardonnay (le plus planté), au chenin, au viognier et à la clairette l’un des plus anciens cépages du Languedoc-Roussillon.

V/Les vins rouges

Le Languedoc-Roussillon a su engendrer de très grands vins rouges aussi bien en AOC qu’en IGP. Ils dominent encore très largement le vignoble languedociens avec près de 300 000 ha soit 70 % de la production régionale. Ils sont partout omniprésents : carignan, cinsault, grenache,  syrah, mourvèdre, cabernet sauvignon, merlot pour les plus plantés. Ils occupent collines et vallons du Rhône aux Pyrénées, en passant par les contreforts du Larzac jusqu’aux rives de la Méditerranée, des Grès de Montpellier aux rivières de la Montagne Noire.

Une histoire marquée par les romains, les moines … et le canal du Midi

Comme dans tout le midi de la France, le vignoble trouve ses origines dans la colonisation grecque et connaît son véritable essor avec la conquête romaine, époque du développement simultané de la vigne et de l’olivier. Dans cette région à l’instar de bien d’autres, les moines et notamment ceux de  l’abbaye de Saint-Chinian ont joué au Moyen Âge un rôle essentiel dans la vinification et l’obtention de vins de qualité. Au XVIIe siècle, l’ouverture du canal du Midi, qui relie l’Atlantique à la Méditerranée, ouvre aux vins du Languedoc de nouveaux débouchés. A la fin du XIXe siècle,  les ravages du phylloxéra conduisent la région à planter des hybrides et à privilégier la production de masse. Il en découlera des crises économiques à répétition liées à la mévente, à la surproduction et à la médiocrité des vins.

Création de l’AOC Languedoc

La création en 2007 de l’AOC Languedoc (ex Coteaux du Languedoc) née des appellations d’origine régionale se veut être la première AOC du plus grand vignoble du monde. Elle réunit en une seule entité les appellations du Languedoc et du Roussillon avec pour objectif un repositionnement hiérarchique de l’ensemble de ses vins.

Répertoire 2015 des appellations Languedoc-Roussillon

Avouons qu’il est un peu difficile de s’y reconnaître. Pour preuve, une enquête de l’Ipsos qui montre que les Français ont bien du mal à citer ne serait-ce qu’une AOC languedocienne. Un gros effort est encore à accomplir pour rendre cette segmentation plus lisible.

I/Crus du Languedoc 

Ce sont de vins de terroir qui représentent 5 % de la production soit 8,5 millions de bouteilles.

  • Corbières-Boutenac
  • Pic Saint-Loup
  • Faugères
  • Minervois-La Livinière
  • Saint-Chinian Berlou
  • Saint-Chinian Roquebrun

    Le Domaine de Villemajou
    Le Domaine de Villemajou, 8 ha situés dans l’arrière-pays sur le terroir de Boutenac dans les Corbières (propriété de Gérard Bertrand)

II/Grands vins du Languedoc 

Voici tous les grandes AOC du Languedoc. Elles couvrent 78 % de la production soit 145 millions de bouteilles.

  • Cabardès
  • Clairette du Languedoc
  • La Clape
  • Corbières
  • Fitou
  • Languedoc-Cabrières
  • Languedoc-Grés de Montpellier
  • Languedoc- La Méjanelle
  • Languedoc-Montpeyroux
  • Languedoc-Pézenas
  • Languedoc-Quatourze
  • Languedoc-Saint-Christol
  • Languedoc-Saint-Drézéry
  • Languedoc-Saint-Georges-d’Orques
  • Languedoc-Saint-Saturnin
  • Languedoc-Sommières
  • Limoux blanc et rouge
  • Limoux effervescents
  • Malepère
  • Muscats de Frontignan
  • Muscat de Lunel
  • Muscat de Mireval
  • Muscat de Saint-Jean de Minervois
  • Minervois
  • Picpoul de Pinet
  • Saint-Chinian
  • Terrasses du Larzac

    Pic-Saint-Loup
    Pic-Saint-Loup (AOC en nom propre depuis 2016) vignoble de 900 ha, essentiellement de grenache, mourvèdre et syrah, à 20 km au nord de Montpellier sur le massif du même nom

IV/Les 22 IGP (indications géographiques protégées) du Languedoc-Roussillon

IGP acronyme qui signifie Indication Géographique Protégée (ex Vins de Pays). Ces 22 IGP sont réparties sur 4 départements – 2 dans les Pyrénées Orientales, 8 dans l’Aude, 8 dans l’Hérault et 3 dans le Gard. Il s’agit souvent vins d’assemblage, produits en trois couleurs, avec une forte proportion de rosés même si le rouge domine. Ils  sont créés par des vignerons, des entreprises coopératives et des caves particulières, soumises à un cahier des charges et ancrées dans un territoire qui les identifie.

125 millions de bouteilles produites par les IGP du Languedoc-Roussillon

Sur les 14,5 millions d’hl produits par le vignoble, 9,4 millions l’était en IGP, 1,4 million en AOC du Languedoc et 0,4 en AOC Roussillon, 0,8 en Côtes du Rhône (gardoises), 1,5 en vin SIG (sans indication géographique).

Sites et patrimoine

  • Cité de Carcassonne*.Du haut des remparts on découvre le vignoble qui encercle pacifiquement la Cité de Carcassonne, bordé à l’ouest par la Malepère, au sud la naissance des Pyrénées, à l’est le Minervois et les Corbières. (50 000 hl, 7 caves coopératives, 38 Caves particulières).
  • Coteaux de Béziers. Bordés au sud par la mer Méditerranée, les Coteaux de Béziers s’étendent jusqu’au nord de la ville sur des terrasses villafranchiennes, d’où l’on peut voir la cathédrale après avoir passé les Neuf Ecluses du Canal du Midi. (20 000 hl, 4 caves coopératives, 28 caves particulières).
  • Coteaux d’Ensérune*. Situé sur une quinzaine de communes entre les fleuves Orb et Aude au nord ouest de Béziers, son nom vient du fameux oppidum qui surplombe l’étang asséché de Montady et le Canal du Midi avec le tunnel du Malpas. (25 000 hl, 1 cave coopérative, 18 caves particulières).
  • Coteaux de Narbonne. Les vignes sont plantées à l’est de Narbonne, au bord de la Méditerranée et du massif de La Clape, en longeant l’Aude jusqu’au Canal du Midi. (5 000 hl, 2 caves coopératives, 15 caves particulières).
  • Coteaux du Pont du Gard. Le pont romain qui transportait l’eau jusqu’à Nîmes a donné son nom à un territoire de vignes qui court de Bagnols sur Cèze à Sommières en passant par Nîmes comme le fait l’aqueduc. (9 000 hl, 6 caves coopératives, 14 caves particulières).
  • Saint Guilhem le Désert. C’est un vaste vignoble qui part des confins du Gard à l’est, englobe l’Hortus et le Pic Saint Loup pour venir se blottir aux pieds de la Séranne et du Mont Baudille à l’ouest en surplomb de l’Hérault, fleuve côtier. (10 000 hl, 6 caves coopératives, 34 caves particulières).

Espaces naturels

  • Cévennes*. Ce pays se trouve au nord d’une ligne qui va de Sommières à Bagnols sur Cèze, et pour partie classé en Parc national. C’est surtout un lieu typique avec ses fameuses terrasses cévenoles très bien entretenues. (60 000 hl, 19 caves coopératives, 50 caves particulières).
  • Côtes de Thau*. C’est un ensemble de terrasses en arc de cercle qui occupe les rives occidentales de l’étang de Thau dominé par l’ancien volcan d’Agde ou le mont St Clair de Sète. (55 000 hl, 4 caves coopératives, 13 caves particulières)
  • Haute Vallée de l’Aude. Des portes de Carcassonne au débouché des gorges de l’Aude, un amphithéâtre adossé à l’Ariège qui cerne Limoux avec un climat en rupture entre Méditerranée et Atlantique. (5 000 hl, 2 caves coopératives, 10 caves particulière).
  • Haute Vallée de l’Orb. Le mont de l’Espinouse et le massif du Caroux dominent du haut de leurs 1000 m, cette longue vallée qui serpente au sud jusqu’à Roquebrun, le village des orangers et du mimosa. (6 000 hl, 3 caves coopératives, 12 caves particulières).
  • Vallée du Paradis. Son vignoble s’étend sur 12 communes, séparé de la Méditerranée et des étangs de Leucate et Sigean par une chaîne de collines calcaires, en plein cœur du massif des Corbières. (8 000 hl, 5 caves coopératives, 24 caves particulières).
  • Vallée du Torgan. La plus petite dénomination de la région, implantée sur deux communes, Paziols et Tuchan, dans une vallée en plein cœur des Corbières. (7000 hl, 1 cave coopérative, 6 caves particulières).

Histoire d’hommes

  • Coteaux de Peyriac*. Le territoire s’inscrit dans un losange avec Carcassonne à l’ouest, Homps à l’est le long du Canal du Midi, Caunes-Minervois au nord et l’étang asséché de Marseillette au sud. (55 000 hl, 10 caves coopératives, 39 caves particulières).
  • Côtes de Thongue*. Les vignes sont plantées sur 23 communes situées dans le triangle Faugères/Pézenas/Béziers, occupant le bassin versant de la rivière Thongue qui lui a donc donné son nom. (54 000 hl, 6 caves coopératives, 58 caves particulières).
  • Le Pays Cathare. Son territoire s’étend des rivages de la Méditerranée aux vignobles plus septentrionaux du département de l’Aude, avec même une petite incursion en Ariège. (1100 hl, 6 caves coopératives, 13 caves particulières).
  • Vicomté d’Aumelas. Son territoire occupe un espace qui va de l’étonnant chemin de croix de Gignac au nord, au joli village de Saint Pons de Mauchiens au sud, proche de Pézenas ville de Molière. (15 000 hl, 5 caves coopératives, 10 caves particulières).

Les 3 IGP de département

  • Aude
  • Gard
  • Pays d’Hérault

*Les principales IGP : Coteaux d’Ensérune : 31 000 hl ; Cité de Carcassonne : 40 000 hl ; Coteaux de Peyriac : 48 000 hl ;  Cévennes : 52 000 hl ; Côtes de Thongue : 52 500 hl ; Côtes de Thau : 56 000 hl. Autres : 87 000 hl.

Le Roussillon

A l’extrême sud de la France, les Pyrénées-Orientales*, ces terres à vigne ont pour frontière la Méditerranée à l’est, le Canigou à l’ouest, les Pyrénées au sud et les Corbières au nord. Elles se positionnent autour des trois fleuves emblématiques du Roussillon : le Tech, le Têt et l’Agly. Ce site grandiose, cet amphithéâtre majestueux face à la mer, bénéficie de 2600 h d’ensoleillement par an. Un record ! A coté de ses vins tranquilles secs, le Roussillon à lui seul produit  80% des VDN  (Vins Doux Naturels) de France. En tout, il compte 14 AOC et 3 IGP (ex Vin de Pays), issues principalement de 23 cépages.

*Les Pyrénées-Orientales sont au 9e rang des départements producteurs français, avec 2 % de la production nationale.

Les AOC/AOP en vin sec du Roussillon

 

Carte des appellations du Roussillon
Carte des appellations du Roussillon (vins tranquilles)
  • Collioure (blanc, rosé, rouge)
  • Maury sec (rouge)
  • Côtes du Roussillon (blanc, rosé, rouge) à laquelle s’ajoute, en rouge uniquement, le Côtes du Roussillon les Aspres

    Les Aspres
    Situé sur le Piémont Pyrénéen dominé par le célèbre Mont Canigou, Les Aspres : AOC Côtes du Roussillon Les Aspres, 102 ha (assemblage au minimum de 3 cépages (grenache, syrah, mourvèdre et carignan noir)
  • Côtes du Roussillon Villages (rouge), auxquelles s’ajoutent 4 productions spécifiques identifiées par le nom de la commune :
  • Côtes du Roussillon Villages Caramany
  • Côtes du Roussillon Villages Latour de France
  • Côtes du Roussillon Villages Lesquerde
  • Côtes du Roussillon Villages Tautavel

Les IGP du Roussillon

  • IGP des Côtes Catalanes (blanc, rosé, rouge)
  • IGP de la Côte Vermeille (blanc, rosé, rouge)
  • IGP d’Oc (blanc, rosé, rouge)

Les AOC/AOP en VDN du Roussillon

  • Rivesaltes (Ambré, Grenat, Tuilé, Rosé, Hors d’Age, Rancio)
  • Maury (Blanc, Ambré, Grenat, Tuilé, Hors d’Age, Rancio)
  • Banyuls (Blanc, Rosé, Rimage, Ambré, Tuilé, Hors d’Age, Rancio)
  • Banyuls Grand Cru
  • Muscat de Rivesaltes

Ces cépages qui font les vins du Roussillon (les principaux)

  • Le grenache blanc. Vinifié en vin sec et en VDN, le grenache blanc  donne des vins riches, aux notes anisées et florales, gras, onctueux et très long en bouche.
  • Le grenache gris vinifié en blancs et rosés secs ou en VDN, il apporte  puissance et rondeur ; des vins charnus aux notes anisées très minérales.
  • Le macabeu ou maccabéo. Il peut être vinifié en vin sec ou en VDN. Récolté à maturité, il donne des vins légers, ronds, délicats, aux arômes de fruits blancs et jaunes et de fleurs blanches.
  • Le malvoisie du Roussillon. Ce  cépage d’origine catalane, vinifié en vin sec ou en VDN, est de plus en plus délaissé. Et pourtant, il apporte puissance, fraicheur avec une acidité garante de notes aromatiques de fruits blancs et jaunes, de fleurs blanches et d’agrumes.
  • Le muscat à petits grains. On lui doit le Muscat de Rivesaltes. Il lui apporte vivacité, richesse et onctuosité avec des arômes frais et des notes d’agrumes, de fruits exotiques et d’épices finement musquées.
  • Le muscat d’Alexandrie. Ce cépage omniprésent en Roussillon, aux gros grains fermes et très parfumés joue de pair avec le précédent. Ensemble, ils apportent finesse et puissance avec des notes florales et de fruits à chairs blanches et jaunes.
  • La marsanne. Ce cépage pratiquement toujours associé à la roussanne donne des vins secs, amples, assez aromatiques et très élégants.
  • La roussanne. Associée au grenache et au macabeu, elle apporte aux vins blancs ses qualités aromatiques exceptionnelles (notes florales, aubépine et abricot).
  • Le vermentino. Ce cépage transfuge de Corse et à  maturité tardive permet d’élaborer des vins blancs secs reconnaissables à leurs arômes de pomme fraîche, poire mûre, ananas et épices douces.
  • Le carignan noir. Voici le cépage idéal ! Ses vieilles vignes qui s’accrochent aux terres arides et pauvres du Roussillon apportent des vins secs de qualité que la macération carbonique va sublimer. Résultat : des vins puissants aux notes de fruits rouges, d’épices et de garrigue.
  • Le grenache noir. Il s’adapte à tout (en assemblage), aux vins sec mais surtout ici aux VDN. On le décrit comme gourmand, rond, onctueux, fin et élégant aux notes de fruits rouges à noyaux (cerise, pruneau…).
  • Le lladoner pelut. On l’utilise pour les vins rouges secs. C’est le cépage traditionnel du Roussillon. Il est pourtant peu cultivé. Ses qualités le rapprocheraient du grenache.
  • Le mourvèdre. C’est l’un des très grands cépages de la Méditerranée apportant aux vins rouges couleur et charpente. Il est réputé pour le grain de ses tannins, ses notes complexes de fruits noirs, et de garrigue. Il fait un vin de garde idéal.
  • La syrah. Ici on lui doit des vins rosés très aromatiques ou des vins rouges qui se bonifient avec le temps, passant du fruit rouge, de la réglisse et de la violette à la truffe et au cuir.

Enfin pour les IGP, il faudrait ajouter : chardonnay, viognier, sauvignon blanc, merlot, cabernet franc, cabernet sauvignon, marselan et chenanson.