Minervois, cette appellation du Languedoc offre des vins rouge, rosé, blanc. Son vignoble est l’un des plus vaste du Languedoc, près de 15 000 ha de vignes, dont 5 000 ha destinés à la production de vins des deux AOC de l’appellation :

  • Minervois 
  • Minervois-La Livinière ( appellation en rouge, spécifique depuis 1996).

La zone de production englobe 61 communes La Livinière, Badens, Laure Minervois, Siran, Minerve, Saint-Jean de Minervois… dont 16 dans l’Hérault et 45 dans l’Aude. Elle se trouve au nord des Corbières dans un paysage méditerranéen de gorges (de Minerve), de causses sauvages et de landes où la culture de la vigne alterne avec celle des oliviers. Cette terre est un haut-lieu de l’histoire cathare avec l’antique cité de Minerve qui lui a donné son nom. Au Moyen-âge, elle abritait un puissant château fort. Les Cathares qui s’y étaient abrités, furent massacrés par Simon de Monfort en 1210.

 Un vaste amphithéâtre orienté plein sud

Des hauts de Narbonne aux remparts de Carcassonne, le territoire du Minervois forme un amphithéâtre orienté plein sud. Il est délimité par le canal du Midi au sud et la Montagne Noire. L’altitude peut ainsi varier de 50 m au bord du Canal du Midi  et de l’Aude jusqu’à plus de 500 m sur les premiers contreforts montagneux. Ajoutez à cela une dominante climatique méditerranéenne avec des influences océaniques dans la partie occidentale (Clamoux et Côtes Noires) et une certaine rigueur des hivers pour le Causse plus haut perché. Quant à la géologie, les rivières descendant de la Montagne Noire vers l’Aude ont créé une série de terrasses faites de galets, de grès, de schistes ou de calcaires. Ces terrasses alternent avec des zones de marnes calcaires et de grès. Au nord-ouest, près de Caunes-Minervois, ce sont les veines de schiste et de marbre rose qui s’imposent.

Déjà six terroirs délimités

Tous ces facteurs caractérisent et délimitent chaque terroir du Minervois avec des parcelles identifiées :

  • Le Canal du Midi,
  • Les Causses,
  • Les Mourels,
  • Les Coteaux et Contreforts,
  • Les Trois Vallées,
  • Les Terrasse.

Syrah et mourvèdre dominants

L’appellation est largement dominée par le grenache et le carignan. Mais ce dernier tend à disparaître pour être remplacé par la syrah ou le mourvèdre suivant les sols et les conditions climatiques. Les rouges sont pour une bonne partie élaborés par macération carbonique (autres cépages autorisés : lladoner pelut, cinsault, terret, aspiran, piquepoul). Pour les vins blancs, bourboulenc, grenache et roussanne  assurent une belle tenue (autres cépages : marsanne, maccabeu, bourboulenc, clairette, vermentino).

Région de terres rudes et caillouteuses, au climat sec, le Minervois produit d’excellents vins rouges à la robe d’un rouge sombre et intense, des vins avec des notes de fruits rouges, de baies sauvages, voire de violette. Il sont plutôt bien structurés et élégants dans leur jeunesse, puis tanniques et soyeux après 2 ou 3 ans en cave. Les rosés à la robe rose soutenue et brillante se partagent le côté fruité de la syrah et de sa puissance aromatique avec la rondeur et les arômes épicés du grenache. Ils sont amples, ronds et vifs.  Bénéficiant des dernières technologies, ils sont très aromatiques et vifs possédant des notes de miel, de tilleul et de bruyères ou bien encore de noix de muscade.

La vinification

  • Rouge : traditionnelle après égrappage et en grains entiers.
  • Rosé : de saignée ou de pressurage.
  • Blanc : de pressurage direct avec ou non une partie vinifiée en barrique.
  • Muscat de Saint-Jean de Minervois : vin doux naturel.

A noter le travail de recherche et de reconnaissance de l’appellation dans  la production des blancs liquoreux connus sous le nom de Minervois Nobles.

Aujourd’hui l’appellation rassemble quelques 1100 producteurs dans 220 caves particulières et 30 coopératives. La production est de 170 000 hl (environ 16 millions de bouteilles) dont 94 % rouge, 2 % blanc, 4 % rosé.