Moulis-en-Médoc (AOC Moulis-en-Médoc) appellation communale du Médoc (Bordeaux) vin rouge : voici la plus petite des appellations du Médoc, 634 ha soit à peine 4 % du vignoble médocain. A mi-chemin entre Margaux et Saint-Julien, cette commune s’est depuis toujours mise sous la protection de son église des XIIe et XIIIe siècles, l’un des plus beaux monuments de l’art roman de la région.

Les moulins de Moulis

Durant le moyen âge, le Médoc est le grenier de Bordeaux. La présence de nombreux moulins à grain l’atteste. C’est du terme de moulin que Moulis tire son nom (d’ailleurs, trois moulins sont toujours visibles à Moulis). Les vignobles qui existaient à cette époque appartenaient à des propriétaires féodaux et à la communauté religieuse dont l’église romane Saint-Saturnin atteste l’importance. Aux XIVe et XVe siècles en Haut Médoc, la vigne était implantée dans les territoires de l’intérieur plutôt qu’en bordure de l’estuaire pour éviter les méfaits de l’humidité du fleuve et des brouillards qui favorisaient la pourriture et décimaient le vignoble. Mais tout commença  réellement à Moulis au XVIIIe siècle quand les négociants bordelais ayant fait fortune dans le commerce des îles prennent conscience du potentiel d’un tel terroir et y investissent. La révolution française, portera un rude coup au vignoble, mais il se relèvera vite pour atteindre son apogée à la fin du XIXe siècle avec une superficie de 1 500 hectares, avant de subir les méfaits du phylloxera.

Trois types de terroirs

Moulis, la plus confidentielle des appellations communales du Médoc est constituée de trois types de terroir :

  • d’est en ouest, un énorme massif de graves garonnaises (croupes de Maucaillou et de Grand-Poujeaux) particulièrement propice à la culture du cabernet sauvignon. Cette grave présente la même variété lithologique que celle des Grands Crus Classés;
  • au centre, se situe un sol argilo-calcaire très favorable au merlot;
  • à l’ouest, se dessine un terroir formé de graves pyrénéennes (croupes de Mauvesin, Bouqueyran) possédant les qualités nécessaire au parfait développement des deux cépages précédents.

On a donc affaire à des sols graveleux (graves de taille moyenne), caillouteux, perméables, bien drainés, sur les graves garonnaises et des sols graveleux, argileux et sableux (graves de petites tailles) sur les graves pyrénéennes.   Au moyen âge, les agriculteurs ne s’intéressaient pas à cette partie de mauvais cailloux (origine du nom du lieu-dit Maucaillou), impropre à la culture des céréales. Par la suite, on a vite constaté que la vigne était la seule plante capable de donner des résultats exceptionnels dans un tel terroir.

Un formidable concentré du Médoc

Les vignes occupent une étroite bande de 7 km de long perpendiculaire à la Gironde et en bordure des landes. Ainsi, à bonne distance entre la forêt landaise et le fleuve, l’appellation tire un fort avantage de sa situation continentale. En effet, privé du brouillard qui s’accroche à l’estuaire, son vignoble présente un état phytosanitaire optimum et ses raisins ne craignent pas la pourriture.Ici, la diversité des terroirs est telle qu’on dit que Moulis (ou Moulis-en-Médoc) est un formidable concentré du Médoc viticole. Les vins récoltés doivent provenir bien évidemment de la commune de Moulis et de certaines parcelles d’autres communes limitrophes.

Les 7 communes de l’appellation

  • Arcins,
  • Avensan,
  • Castelnau-de-Médoc,
  • Cussac-Fort-Médoc,
  • Lamarque,
  • Listrac-Médoc,
  • Moulis-en-Médoc.

la finesse des Margaux alliée à la puissance des Saint-Julien

Les Moulis sont des vins rouges d’assemblage avec une forte proportion de cabernet sauvignon plus ou moins importante selon les sols (45 à 70 %). Le merlot vient contribuer à leur assouplissant, les rendant plus flatteur. Les autres cépages (cabernet franc : entre 5 et 10 % ; carménère -autorisé mais inexistant à Moulis; côt et petit verdot : entre 5 et 10 %) sont choisis pour apporter un plus au niveau de la structure tannique et aromatique.

Chasse-Spleen et les autres

Dès la première année, les Moulis se caractérisent par leur grande finesse qui s’allie au côté généreux et charnu de ces vins dotés d’arômes de fruits rouges et de sous-bois avec un nez bouqueté de réglisse et de fruits noirs. Ils vont ensuite traverser les ans avec bonheur grâce à leur force tannique. On dit que d’une manière générale, les vins de Moulis produits sur les graves, allient la finesse des Margaux à la puissance et la complexité des Saint-Julien. Chasse-Spleen, implanté au point culminant des croupes de Grand-Poujeaux en est un des plus beaux exemples. Il était avant la réforme des crus bourgeois de 2009, Cru Bourgeois Exceptionnel (à l’instar de son jumeau en appellation, château Poujeaux). C’est un vignoble de 80 ha  à mi-chemin entre Margaux et  Saint-Julien, composé de 73% de cabernet sauvignon, 20% de merlot et 5% de petit verdot. En tout, l’appellation dénombre une cinquantaine de propriétés dont 17 crus bourgeois et un cru artisan : Château Lagorce Bernadas. La production annuelle est d’environ 25 000 hl (soit 3,2 millions de bouteilles).

Crus bourgeois 2012 (millésime 2010) en appellation Moulis-en-Médoc

  • Château Anthonic
  • Château Biston Brillette
  • Château Branas Grand Poujeaux
  •  Château Brillette
  • Château Caroline
  • Château Chemin Royal
  • Château Duplessis
  • Château Dutruch Grand Poujeaux
  • Château Gressier Grand Poujeaux
  • Château Guitignan
  • Château La Garricq
  • Château La Mouline
  • Château Lalaudey
  • Château Malmaison
  • Château Moulin à Vent
  • Château Myon de L’enclos
  • Château Pomeys