Sainte-Foy-Bordeaux , cette appellation de l’Entre-deux-Mers (rouge à 90 %) vient d’adhérer (adhésion effective dés la recolte 2016) à l’Union des Côtes de Bordeaux qui regroupe Castillon, Francs, Blaye et Cadillac. Au final, ce sont 30 nouveaux adhérents, une surface géographique de 500 ha et une production de 10000 hl supplémentaires (dont des vins blancs moelleux et liquoreux) qui font désormais partie de l’Union des Côtes de Bordeaux. La bastide de Sainte-Foy la Grande, aux portes du Périgord* qui ouvrit autrefois la voie du commerce des vins avec l’Angleterre a donné son nom à cette appellation située dans une véritable enclave entre le Lot-et-Garonne et la Dordogne. On est ici à mi-chemin  des coteaux de Saint-Emilion et de Monbazillac, à la limite est de la zone viticole de Bordeaux, à l’extrémité orientale de l’Entre-deux-Mers.

*L’appellation Montravel est en effet contigüe.

 L’influence de la Dordogne

L’aire d’appellation suit un alignement de collines et de plateaux en bordure de la Dordogne. Les terres sont profondes et à dominantes argilo-calcaires convenant au merlot ou sablo-graveleuses et plus chaudes mieux adaptées au cabernet sauvignon ou au cabernet franc. Le vignoble bénéficie de la douceur d’un microclimat né de la présence de la Dordogne et de multiples cours d’eaux qui sillonnent la région entre bois et prés. Ces sols plutôt chauds et précoces génèrent globalement une excellente maturation du raisin. L’appellation sur 370 ha couvre 19 communes toutes situées en Gironde.

Liste des communes de l’appellation Sainte-Foy-Côtes de Bordeaux

  • Caplong,
  • Eynesse,
  • Gensac,
  • Landerrouat,
  • Les Lèves-et-Thoumeyragues,
  • Ligueux,
  • Margueron,
  • Massugas,
  • Pellegrue,
  • Pessac-sur-Dordogne,
  • Pineuilh,
  • Riocaud,
  • La Roquille,
  • Saint-André-et-Appelles,
  • Saint-Avit-de-Soulège,
  • Saint-Avit-Saint-Nazaire,
  • Saint-Philippe-du-Seignal,
  • Saint-Quentin-de-Caplong,
  • Sainte-Foy-la-Grande.

Un manque encore de notoriété

Cette appellation permet à la fois l’élaboration de vins rouges, vins blancs secs, moelleux et liquoreux  à partir du sémillon, de la muscadelle et du sauvignon. Mais par manque de notoriété et de spécificité, les viticulteurs préfèrent encore les appellations régionales ou génériques. Ici comme ailleurs, les vignerons arrachent les variétés blanches pour les remplacer par des cépages rouges. L’AOC produit en moyenne 11 700 hl de vins rouges et 2 000 hl de vins blancs dont les quatre cinquième sont des vins secs.

Un syndicat viticole dynamique

Attention, c’est une appellation qui monte surtout pour les rouges ! Certains producteurs se sont en effet unis (syndicat viticole) pour imposer une charte de production beaucoup plus rigoureuse (densité à l’hectare, rendement, culture raisonnée voire bio, etc.). Ils offrent des vins superbement denses et profonds, des vins  aromatiques avec des notes caractéristiques de cerise et de fruits rouges. En prenant de l’âge, ils prennent de délicates notes de cuir et de sous-bois. Leur bouche est charpentée, solide avec une structure tannique marquée. Ce sont des vins opulents, épicés et puissants à garder une petite dizaine d’années en cave.