Les vins de l’abbaye de Valmagne en Languedoc sont en appellations Grés-de-Montpellier (rouge) et Coteaux du Languedoc (rouge, blanc et rosé). Nul doute, il s’agit bien là de l’un des plus beaux sites du Languedoc, une abbaye des vignes devenue au XIXe siècle le domaine vinicole le plus surprenant de l’Hérault. L’abbaye à 30 km à l’ouest de Montpellier et 15 km à l’est de Pézenas, au nord de Mèze et à proximité de Villeveyrac surplombe au milieu des collines, de la garrigue et des vignes, l’étang de Thau.

Entièrement en agriculture bio

Aujourd’hui Valmagne comprend 65 ha de vignes intégralement certifiées en agriculture biologique (depuis 1999) dont 35 ha en AOC Coteaux du Languedoc et Grés-de-Montpellier. Les rendements sont peu élevés (25 hl/ha sur les meilleures parcelles). On pratique la sélection parcellaire, le pressurage pneumatique, la maîtrise des températures, la climatisation des chais de stockage et en terme d’hygiène, le respect des normes HACCP.

Vignes de l'abbaye de valmagne
L’abbaye de Valmagne est entourée de 65 ha de vignes intégralement certifiées en agriculture biologique

En appellation Grès de Montpellier et…

Deux terroirs se distinguent nettement, d’abord au nord et séparé par une barrière rocheuse, se rencontre un sol essentiellement composé de calcaires dur, de galets roulés (les grés vestiges du delta du

Vin de l'abbaye de Valmagne, Cuvée de Turenne
Vin de l’abbaye de Valmagne, Cuvée de Turenne

Rhône) qui produit les Grés-de-Montpellier l’un des cinq terroirs des Coteaux du Languedoc avec La Méjanelle, Saint-Christol, Saint-Drézéry et Vérargues. De ces vignobles escarpés sont tirées les cuvées de prestige de l’abbaye ou la syrah et le mourvèdre produisent des vins rouges structurés, fins et aromatiques. Le comte Henri-Amédée-Mercure de Turenne, qui acheta l’abbaye en 1838, la sauvant de la ruine, méritait bien qu’une grande cuvée de Valmagne porte son nom. Autre cuvée toujours en appellation Grés de Montpellier, Cardinal de Bonzi, gouverneur du Languedoc au XVIIe siècle et Abbé de Valmagne. Ces vins rouges, élevés pendant un an en barriques neuves proviennent des meilleurs parcelles de syrah et mourvèdre du domaine.

Coteaux du Languedoc

Au sud du domaine, une partie argilo-calcaire produits des vins sous appellation générique Coteaux du Languedoc avec notamment les cuvées Bernard et Benoît, hommage aux deux fondateurs de l’ordre cistercien. Avec les rosés, Valmagne élabore également des blancs de roussanne, marsanne et viognier vinifiés pour partie en barriques neuves puis élevés pendant six mois, offrant alors des vins complexes et élégants aux aromes de pêche et d’abricot avec des senteurs de miel et de fruits secs. Quant aux vins de pays (IGP Pays des Collines de la Moure) à base de vieux cépages locaux tels le carignan, le grenache et le morrastel, ils se cantonnent sur le plateau sud de l’abbaye.

D’abord une abbaye cistercienne…

Valmagne haut lieu de la vie monastique est un ensemble prestigieux avec sa majestueuse église gothique du XIIIe siècle, son cloître, sa salle capitulaire et sa fontaine, expression la plus parfaite de l’art cistercien. Après la Révolution, l’abbaye devint un domaine vinicole (l’église abbatiale servant de chai) achetées en 1838 par le comte de Turenne où résident aujourd’hui ses descendants, la famille d’Allaines (la septième génération). Le site tel qu’on le voit est du au travail de restauration entrepris par Diane de Gaudart d’Allaines dans les années 1970 (restauration de 2 ha de toiture, réfection du sol de l’église auparavant en terre battue, consolidation depuis 10 ans de 12 des 18 voûtes de l’abbatiale…).

Abbaye de Valmagne
Une abbaye cistercienne et sa majestueuse église gothique du XIIIe siècle

… mais aussi un business qui marche

Philippe et Eléonor d'Allaines
Philippe et Eleonor d’Allaines, père et fille. C’est maintenant Eleonor qui est à la tête du domaine viticole de Valmagne

Résultat, Valmagne restauré est visité par près de 35 000 visiteurs par an. Son fils, Philippe d’Allaines durant plus de 30 ans s’est attelé à l’excellence du vignoble. C’est maintenant au tour de sa fille Eleonor d’Allaines de prendre la relève. Il faut dire que la tâche est immense. Au travail de la vigne se sont greffés quatre jardins potagers et vergers traités en bio sur près de 2 ha, une auberge-restaurant dont les ingrédients proviennent du jardin médiéval (un conseil, éviter les jours d’affluence où le service est vite dépassé) et le lancement d’une bière d’abbaye de type belge avec la brasserie d’Oc ; plus l’organisation de congrès, mariages, symposium…

Une activité rendue nécessaire pour trouver 100 000 € indispensables à l’entretien et à la restauration de ce patrimoine exceptionnel. D’ailleurs les ancêtres cisterciens taraudés par les mêmes préoccupations n’auraient pas fait mieux !